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Histoire, Culture et Patrimoine en Périgord Noir

L'histoire du Périgord Noir

Le "Périgord Noir" est un territoire administratif à géométrie variable. Depuis le XIVe siècle, son espace géographique est intimement lié à l'évolution historique. Mais indépendamment de sa dénomination, la chance du Pays du Périgord Noir est d'avoir été habité depuis... 440 000 ans. Son histoire serait longue si la société préhistorique avait écrit. Ces hommes nous ont laissé cependant une multitude de traces, d'indices sur les parois des grottes, les abris sous-roche le long des falaises, les fonds de cabane sur les plateaux, les pierres levées et les dolmens, plus tard, au fond des forêts.

La chance du Pays du Périgord Noir est d'être traversé par deux grandes rivières, la Dordogne et la Vézère et de bénéficier d'un cadre naturel riche en diversités géographiques, en ressources, telles qu'elles attirèrent les hommes depuis l'époque paléolithique, depuis 440 000 ans au Pech de l'Aze au sud de Sarlat.

Il n'est pas étonnant d'y trouver le long de la Vézère les sites éponymes de la préhistoire, ceux qui ont donné le "moustérien" du Moustier, le "magdalénien", de la Madeleine, et, l'homme de Cro-Magnon. C'est là, le long de la Vézère que se sont exprimés les premiers artistes de l'âge de pierre, réunis à Lascaux et autour des Eyzies. L'UNESCO l'a reconnu en inscrivant sur la Liste du Patrimoine mondial les grottes ornées de la vallée de la Vézère dès 1979. D'autres sites sont tout autant fabuleux, témoignant une occupation permanente, révélant par strate la superposition des civilisations : Commarque, La Roque Saint-Christophe. Mais ces traces matérielles ne révèlent pas tout. Il faut des documents, des actes juridiques ou notariés, des chroniques, des histoires pour faire du passé une Histoire.

De nouveau ce sont les deux rivières, la Vézère et la Dordogne qui se révèlent être les deux axes de l'Histoire du Pays du Périgord Noir. Tout d'abord, c'est dans leurs vallées que furent découverts le plus d'indices d'établissements ruraux gallo-romains, ces "villas", véritables domaines agricoles pouvant atteindre plusieurs centaines d'hectares de bonnes terres. Ce sont ces domaines appartenant aux élites politiques qui font prospérer la ville, la capitale de la Cité des Petrucores, Vésonne, la future Périgueux, vers laquelle converge tout le réseau des voies romaines. Le "Pays du Périgord Noir" est ainsi traversé par les voies principales d'est en ouest et par des voies secondaires du nord au sud, permettant de relier toutes les zones interfluves et les "Cités" entre elles. Le maillage des voies terrestres mis en place dès l'Antiquité a été conservé tout le long du Moyen-Age et même jusqu'au XVIIIe siècle. Cette structuration du paysage, la construction des voies de communications, est fondamentale pour comprendre la permanence de certaines occupations.

A l'époque carolingienne, au IXe siècle, lorsque s'achevait l'évangélisation du Périgord, tandis que s'étaient installés les Wisigoths et les Francs, de grandes abbayes ont été créées, quatre siècles après celle de Saint-Front. Elles sont situées presque toutes sur l'emplacement d'anciennes villas gallo-romaines. Ce sont les abbayes de Brantôme, de Terrasson, de Belvès, de Paunat, de Sarlat. Notons que trois abbayes carolingiennes sur cinq se trouvent dans le "Pays du Périgord Noir". Cette "concentration" s'explique par la richesse antérieure des vallées de la Vézère et de la Dordogne. Car la création d'une abbaye répondait avant tout à la nécessité d'aménager un territoire, d'exploiter un domaine, de créer une richesse permettant en effet de faire vivre une communauté de moines. Ces lieux de richesses furent du reste mis à sac par les Vikings, les derniers envahisseurs que le Comte du Périgord ne put repousser. Terrasson, Belvès furent détruits tandis que l'abbaye de Sarlat ne fut pas atteinte. Tout le long du Moyen-Age, ce sont les abbayes qui surent gérer, exploiter les richesses, les ressources du "Périgord Noir" : Terrasson au nord, Saint-Amand de Coly au centre et Sarlat au sud. Leurs possessions émaillaient le "pays". L'architecture monumentale qui demeure atteste de leur importance non seulement spirituelle mais aussi économique. Simultanément, à partir du XIe siècle, la société féodale, celle des seigneurs, affirme son pouvoir sur le territoire. Comme l'Eglise, les familles nobles bâtirent et élevèrent leurs châteaux de siècle en siècle pour traduire leur autorité militaire et administrative tandis que, dans les villes, les bourgeois -habitants des "bourgs" - se solidarisèrent pour obtenir quelques espaces de liberté, les "franchises", les "privilèges" qu'ils énumérèrent dans les chartes qu'ils firent signer à leur seigneur.

A Terrasson, la charte fut signée en 1236. A Sarlat, elle fut acceptée après plus de soixante ans de conflits et signée par le seigneur-abbé en 1299. Encore une fois, c'est en Périgord Noir que se concentre le plus de monuments historiques témoignant de ces richesses tant religieuses que civiles et militaires remontant au Moyen-Age... puisque les deux grandes vallées ont toujours été les grands axes de circulation des marchandises, des hommes et des idées. Les troubadours du "Périgord Noir" acquirent une renommée "internationale". Il suffit de citer Bertrand de Born, seigneur d'Hautefort, ou Elias Cairels qui suivit l'empereur Frédéric II...

A partir du XIVe siècle cependant, les périodes de crises, d'épidémies, de famines, de guerre alternent avec les "âges d'or". Les hérésies vaudoise et cathare avaient ébranlé l'Eglise. Bien après la croisade des Albigeois, le pape Jean XXII en vint à créer de nouveaux diocèses pour mieux contrôler le sud de la France. Le diocèse de Sarlat est créé en 1317 en même temps que ceux de Tulle et de Montauban. Le siège cathédral, l'évêché, est l'abbaye de Sarlat, avec ses cent moines dont le nombre fut réduit et que remplacèrent les chanoines. Les limites du nouveau diocèse sont données par l'emplacement des possessions de l'ancienne abbaye, soit tout le Périgord méridional limité au nord par le bassin de la Vézère et celui de la Dordogne à partir du confluent. C'est le diocèse de Sarlat qui fut surnommé au XVIIe siècle le "Périgord Noir", en raison du feuillage sombre des chênes verts qui persiste l'hiver.

Peu après commence la guerre de Cent Ans que les traités antérieurs avec l'Angleterre n'ont pu régler. Les bastides ont été construites à la suite de ces traités, après 1259 et 1279. Elles sont "anglaises" ou "françaises" selon le souverain qui en fut l'origine. Mais leur création ne fit qu'aviver les conflits entre les rois de France et d'Angleterre. La guerre éclata vers 1350 et ne s'acheva qu'en 1453. C'est une véritable épreuve que traversa le "Périgord Noir" ; villes et campagnes, bourgs et monastères furent désertés. La population ne résistait plus à cette guerre de sièges, d'usure. Sarlat, cependant, cité épiscopale, représentait pour le diocèse la réserve d'hommes, d'armes et de munitions et portait secours aux villes assiégées : Belvès, Montignac, Salignac, Domme... pour devenir anglaise pendant dix ans paix, après le traité de Brétigny, de 1360 à 1370. Les XVe et XVIe siècles sont alors marqués par la reconstruction économique du territoire avec les forces vives des nouveaux immigrants venus du Cantal, des Pyrénées, du Poitou.
Mais en plein siècle de l'Humanisme, une nouvelle guerre éclata, celle dite de "religion". Le courant de la Réforme venu de Bordeaux, de Bergerac, avait remonté les rivières. Cette guerre dura plus de trente ans, de 1562 à 1598. Elle s'acheva avec la reconnaissance du roi Henri IV, également comte du Périgord. C'est à l'époque de l'Edit de Nantes que les Croquants se soulevèrent. N'ayant pas eu connaissance de la fin de la guerre, ils furent aussi surnommés les "Tard Avisés". Leurs émeutes se reproduisirent tout le long du XVIIe siècle, souvent dues à la famine, à un état de pauvreté extrême que les taxes royales ne firent que multiplier.

A partir de l'époque moderne, des hommes du Périgord Noir vont s'illustrer et servir de jalons avec l'Histoire nationale. La Boétie né à Sarlat, l'ami de Montaigne, s'avère l'un des fondateurs de la démocratie moderne. Fénelon à la fin du "Grand Siècle", né à Sainte-Mondane, finit ses jours loin de la Cour après avoir été le précepteur du Dauphin pour qui il écrivit les Aventures de Télémaque qui lui valurent cet exil.

La Révolution mit fin à l'ancien monde longtemps appelé "l'ancien régime". Sont mises en place une nouvelle structure administrative, une nouvelle justice. Le département de Dordogne fut créé en 1790 puis les districts, les arrondissements. Le Périgord Noir ne correspond plus qu'au "Sarladais", dénomination administrative de l'arrondissement. Le diocèse de Sarlat fait de nouveau partie du diocèse de Périgueux. Le Présidial, la justice royale dont le siège fut fixé à Sarlat depuis le XVIe siècle, fut remplacé par le tribunal du district, puis par le Palais de Justice de l'arrondissement.

Le XIXe siècle devait répondre aux doléances et fit "exploser" les réseaux de communication. Les grandes voies fluviales furent abandonnées au profit des voies terrestres et des voies ferrées. Sarlat demeura une cité administrative, un centre de foires et de marchés désormais désenclavé grâce aux nouvelles routes vers les Eyzies, Gourdon, Cénac et les voies ferrées inaugurées en 1882 et 1912.

Désormais, Sarlat est au service d'un Périgord Noir rural que relaient les villes de Terrasson, Montignac, Le Bugue, Salignac, Belvès, St-Cyprien, Domme, Carlux, Villefranche du Périgord. Cependant, la révolution industrielle ne fut pas instaurée en Sarladais. Les notables continuèrent à miser sur la terre et en particulier sur la culture spéculative de la vigne. Les maîtres de forge qui exploitaient le fer en Périgord étaient déjà partis dans l'Est. Bientôt, les domaines viticoles et les petites exploitations de vignerons furent abandonnés à leur tour à la suite de la crise du phylloxera. Depuis la fin du XIXe siècle, le Périgord connut une dépopulation progressive et perdit la moitié de des habitants.

Aujourd'hui, le "Périgord Noir", le pays qui recouvre douze cantons, deux de plus que l'arrondissement avec celui de Thenon et d'Hautefort, est un pays où la population vieillissante est nombreuse certes, mais un pays qui accueille de plus en plus de résidents, de touristes attirés par ses richesses naturelles et ses monuments qui racontent encore toute une Histoire.

Mireille BENEJEAM
conservateur en chef du patrimoine

 

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